Fiche Projet n°3 (Culture)

« Une politique culturelle pour Paris »

Celle-ci devra s’effectuer selon quatre axes :

1. Valorisation du patrimoine local en lui donnant une visibilité plus grande comme par exemple la tenue de colloques historiques aux Arènes de Lutèce, de conférences dans les jardins du Musée de Cluny sur le Moyen-âge…
Le MRC propose également la création d’une aire dédiée à la sculpture en réaménageant l’Ile-aux-Cygnes par exemple.

Redéfinir le rôle du musée comme traçant une continuité entre l’histoire et le présent en organisant des expositions commandées par l’actualité (politique, artistique) du moment. Ces actions pourraient être conduites en coordination avec tous les musées nationaux, municipaux et privés ce qui aurait l’intérêt de mobiliser l’ensemble des acteurs autour d’une thématique et l’ensemble des citoyens. Des expositions communes pourraient être ainsi organisées ; de même il serait envisageable qu’un musée municipal organise un événement centré sur une culture étrangère (en accord et coopération avec le pays concerné), relayé par des expositions dans les bibliothèques, des représentations théâtrales dans tous les arrondissements.

Redécouvrir les fonds des musées qui conservent dans des réserves plus de 80% de leur patrimoine, dont des pièces de qualité (qu’il s’agisse du Musée d’Art Moderne, du Musée Carnavalet, du Petit Palais, du musée Galliera, du Musée Bourdelle, du Musée Cernuschi…). Une exposition, intitulée Le Musée invisible de Paris, pourrait regrouper ces chefs d’œuvre en un lieu qui paraîtra le plus adéquat et les soumettre à la curiosité des Parisiens.

2. Soutien à la création contemporaine
– Plutôt que la création d’espaces culturels multifonctionnels dont la gestion est très malaisée (car les objectifs sont trop ambitieux et trop vagues, la palette des options présentées trop large et trop floue), dédier chaque centre existant (comme par exemple le 104 ou la Maison des Métallos – qui n’ont pas véritablement su trouver leur voie pour les raisons susdites) ou à créer, à une activité ou un groupe d’activités spécifiques, distinguant l’artistique (arts plastiques, danse, musique…), le strictement culturel (lieux de conférences et de débat..). Des ateliers spécifiques aux activités proposées donneraient aux Parisiens la formation qu’ils souhaitent. Ceci n’exclut pas que soient maintenus un certain nombre d’espaces polyvalents répondant à des demandes locales, s’assignant des objectifs précis et obéissant à un rigoureux cahiers des charges, ouverts aux courants les plus divers de la modernité, à l’exclusion de tout dilettantisme culturel qui se présenterait précisément comme une facette de la modernité.

Jumelage de façon pertinente d’écoles de formation à des musées et à des bibliothèques, groupés en grands pôles dédiés au dessin, à la peinture, à la sculpture, à la photographie. Le centre Beaubourg pourrait jouer un rôle éminent en centralisant, coordonnant et répartissant les initiatives.

Politique de soutien au théâtre généralement en mauvaise forme à Paris, sauf en des lieux privilégiés tels que La Comédie française. Celle-ci trouverait avantage pour son rayonnement et celui des autres théâtres à décentraliser une partie de son répertoire sur d’autres théâtres et créer ainsi un effet d’entraînement. Cette politique de soutien pourrait revêtir une forme analogue à celle dont jouit le cinéma français. Des collaborations privé/public ne sont pas à exclure comme pour le Théâtre du Rond-point où interviennent la ville et l’Etat.

3. Accès de tous les parisiens à la culture, en particulier soutien à la lecture, mode privilégié d’acquisition des connaissances. Certaines bibliothèques (plutôt que d’être toutes généralistes sans avoir le budget pour présenter un catalogue significatif) pourraient spécialiser davantage le type d’ouvrages proposé à la lecture en se centrant sur la littérature, les arts plastiques, l’archéologie, l’Europe (pourquoi pas une « bibliothèque européenne »)…, en prolongeant des thèmes d’exposition qui ont eu un grand retentissement (un prolongement par des livres, des documents audio-visuels etc…à l’exposition Hopper ou Dali aurait une certaine pertinence), en faisant le lien, quand celui-ci a un sens, avec les grands ouvrages de la saison (Prix Nobel), ou l’actualité théâtrale. Le spécialisé côtoierait ainsi le généraliste (des arrondissements peuvent mettre en commun leur offre) ou le remplacerait dans certains cas seulement quand le choix serait pertinent sur une aire géographique limitée.

Pour ce faire, les bibliothèques devront être aidées à acquérir du matériel multimédia.

De façon générale les horaires d’ouverture de tous les équipements culturels devront être revus, bien que des progrès significatifs aient été accomplis en ce sens. Ouverture les jours fériés et en première partie de nuit devraient être envisagées, quitte à fermer un jour de semaine supplémentaire.

4. Réduction de la fracture numérique
Si l’offre culturelle parisienne est importante, son accès est restreint par les contraintes financières qui pèsent sur les plus bas revenus et par ses modes, bien souvent trop privilégiés, de diffusion. Le MRC Paris propose donc la création de Chèques Culture sur le modèle des Chèques Vacances en partenariat avec les Comités d’entreprise des entreprises intéressées et avec les grandes structures culturelles, publiques comme privées. L’offre culturelle, facilement ouverte aux étudiants et aux chômeurs, n’est paradoxalement pas aussi accessible aux salariés qui, souvent, doivent privilégier les dépenses de première nécessité aux dépenses culturelles. Paris pourrait ainsi offrir un « filet de sécurité » culturel face à une crise et une austérité qui vont s’aggravant et menacent de couper ses travailleurs les plus pauvres des richesses de l’esprit.

Le MRC propose également la création de bibliothèques numériques au sein desquelles se trouverait facilité l’accès aux nouveaux supports technologiques (tablettes, liseuses, téléphones, ordinateurs) et à toutes les applications issues du secteur privé. Ces bibliothèques constitueraient des banques d’applications et de contenus multimédia en partenariat avec les grands éditeurs privés (Apple, Microsoft, Amazon, Barnes & Noble, etc) afin de permettre l’accès, pour le grand public, aux outils numériques modernes et de contribuer à la réduction de la fracture numérique. Paris doit permettre à toutes les générations et à tous les revenus de s’emparer des avancées du numérique afin de contribuer à l’Emploi et à l’innovation.

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