Fiche Projet n°2 (Sécurité)

« La sécurité pour tous »

La sécurité est un droit, sans doute même le premier qu’un citoyen peut exiger de ses représentants. Les atteintes à la sécurité entament la confiance que nous accordons à nos institutions, mettent à mal notre cohésion et désespèrent notre désir de justice sociale. Car les phénomènes de délinquance et de criminalité frappent d’abord et surtout les quartiers populaires.

Sans sécurité, il est inutile d’évoquer la liberté. Sans sécurité, il est illusoire d’espérer l’égalité. Sans sécurité, les fondements mêmes du pacte social s’effondrent. Boussole républicaine, le Mouvement Républicain et Citoyen (MRC) souhaite mettre le cap vers une politique ambitieuse.

La République est un régime de liberté ; ce n’est pas un régime de faiblesse. Républicains avant d’être partisans, citoyens avant d’être militants, nous appelons à une revalorisation du travail des forces de l’ordre et souhaitons mettre en œuvre une action résolue de proximité, qui passera notamment par la reconquête des zones qui apparaissent aujourd’hui délaissées.

Les pouvoirs du Maire de Paris en matière de police sont limités par ceux du préfet de police. Pour autant, des leviers d’action existent et la sécurité ainsi que le bien-être des Parisiens doivent être l’une des priorités de la municipalité.

 

POUR UNE POLICE DE TERRAIN

  • Priorité à la proximité

 Malgré quelques signaux encourageants, notamment en matière de lutte contre les vols de véhicules ou les attaques à main armée, la situation n’est pas satisfaisante et les chiffres de la délinquance à Paris continuent de présenter des niveaux pour le moins préoccupants. Dans le ressort de la préfecture de police, le taux d’élucidation est en régression : escroqueries (- 4,5%), violence (- 2,7%), atteinte aux biens (- 1,5%)…

En 2012, le nombre de vols simples a progressé de 6,6% tandis que les vols à la tire ont connu une augmentation de 7,5% durant la même période. Les faits de vandalisme, quant à eux, ont progressé de 5,5%. De même, le nombre de cambriolages reste alarmant (1117 cambriolages à Paris en janvier 2013).

 Afin de restaurer la confiance des citoyens dans la capacité de leur police à garantir la sécurité de chacun, les zones de sécurité prioritaires (ZSP) doivent être confirmées. Cette configuration permettra d’identifier les espaces posant problème (insécurité, délinquance endémique, usage et trafic de drogue). Dresser le constat ne suffit pas. Encore faut-il se donner les moyens d’une réponse adaptée. Or, le taux d’occupation de la voie publique par les forces de l’ordre n’est que de 5,5%. Le seul moyen d’augmenter ce chiffre consiste à accroître le nombre de patrouilles, et donc à mettre plus de policiers dans nos rues. Ainsi, les effectifs nouveaux promis par le Gouvernement doivent en priorité être déployés dans les ZSP, afin de favoriser les opérations de contrôle et l’îlotage. Des mécanismes incitatifs (primes, avancement de carrière) doivent être mis en place pour encourager les policiers à s’impliquer dans les ZSP et dynamiser la lutte contre la délinquance.

Enfin, les forces de l’ordre doivent être sur le terrain ou dans les commissariats. A cet égard, nous préconisons de veiller à ce que les emplois spécifiquement administratifs soient réservés aux personnels civils de la préfecture de police et que les policiers qui les occupent soient réaffectés en brigade.

  •  Sécuriser l’espace public

 Chaque Parisien peut désormais le constater : l’incivilité et la violence se développent dans les rues et les transports en commun de la capitale. Ce phénomène nourrit un sentiment d’inquiétude, trop souvent caricaturé et moqué, qu’il ne faut pourtant pas négliger et auquel les pouvoirs publics doivent apporter une réponse de toute urgence.

Le MRC propose de conforter la police d’agglomération dans ses missions. Cette stratégie repose sur deux types d’action. Les opérations de sécurisation renforcée par des patrouilles intervenant sur les créneaux horaires et les espaces les plus touchés ont fait la preuve de leur efficacité et doivent être multipliées. De même, il est impératif de renforcer la présence policière dans le métro et les transports en commun qui accueillent chaque jour près de 7 millions de voyageurs. Nous demanderons par conséquent que les effectifs dédiés à la sécurisation des transports en commun soient renforcés afin que la brigade des réseaux ferrés puisse effectuer ses missions dans des conditions optimales.

Les nombreux touristes sont la cible privilégiée des pickpockets et des voleurs à la tire. Paris, qui symbolise dans l’imaginaire mondial la capitale du luxe, ne peut prendre le risque de perdre son attractivité touristique, source importante de sa prospérité.

 

POUR UNE POLICE QUI « FAIT LA POLICE »   

 S’ils sont confrontés quotidiennement au « fait social », les policiers ne sont pas des travailleurs sociaux. Cependant, leur activité les amène à faire face à des situations humaines dramatiques, qui peuvent paralyser leur action. De là découle l’incompréhension entre une population en demande de sécurité et une police hésitant à intervenir dès lors qu’elle est confrontée à la misère. Si certains individus ont besoin d’aide, il demeure que d’autres tirent profit de leur détresse. Les pouvoirs publics ne sauraient rester les spectateurs passifs d’une infraction. C’est pourquoi il faut rappeler à chacun ses obligations : celles de la police consistent à prévenir le déroulement d’actes délictueux ou criminels, à rechercher et trouver les auteurs d’infractions et à protéger la population.

Elle a un mandat : assurer la tranquillité des Parisiens.

  •  Lutter contre les réseaux de mendicité, ne plus tolérer les comportements illicites sur la voie publique, développer les réseaux de solidarité

 Il est nécessaire de prévenir le développement de la mendicité agressive qui s’accompagne trop souvent d’infractions graves (exploitation de mineurs, maltraitance et vente d’animaux sur la voie publique). En la matière, vos représentants MRC au Conseil de Paris veilleront à ce que soient strictement appliqués les règlements encadrant ces activités (interdiction de la mendicité infantile, vérification des documents sanitaires et vétérinaires des animaux) et que soient démantelés les réseaux mafieux qui vivent et prospèrent sur cette nouvelle forme d’exploitation de la misère. Il est urgent que se tarissent ces sources illégales de profit.

Un tel sujet ne peut cependant être envisagé sous le seul angle de la répression et de l’action locale. A l’heure de l’Europe, de la levée des barrières douanières, de la libre circulation des biens et des individus – qui ont considérablement et inconsidérément diminué les capacités d’intervention de l’Etat – on comprend que la résolution d’une telle question dépasse le cadre municipal et passe d’abord par une action diplomatique à destination des pays d’origine de ces populations itinérantes.

De la même manière, l’Etat ne peut plus accepter le développement de bidonvilles en périphérie de Paris. Cette situation indigne de notre pays porte ses propres menaces pour l’avenir. La marginalisation et la paupérisation des populations vivant dans ces conditions est un terreau favorable au développement de la délinquance et du crime organisé. Pour contrer cette délinquance de la misère, il est urgent de relancer la mise en place de villages d’accueil reposant sur des permis de construire provisoires, afin d’encourager l’accès au logement et la sédentarisation des familles et des personnes en difficulté. En la matière, la municipalité doit rappeler à l’Etat toutes ses responsabilités en matière de contrôle des flux migratoires, de politique d’intégration et d’intervention sociale.   

La solidarité nationale commande de développer des structures d’accompagnement et de réinsertion des SDF. Les fermetures des centres d’accueil sociaux ou d’hébergement et de réinsertion sociale (CHRS) doivent cesser. Pourtant, si l’Etat doit faire face à ses responsabilités, il est essentiel que chaque arrondissement assume sa part dans l’effort commun en accueillant et en participant au développement des structures dédiées à l’hébergement des personnes sans-abri désirant trouver un refuge temporaire ou pérenne.

  •   Le trafic de stupéfiants : démanteler les réseaux et sécuriser les espaces public et communs

 Le trafic et la consommation de stupéfiants posent un problème particulier à Paris, du moins dans certains arrondissements. Confisquant l’espace public, les revendeurs développent les deals de rue et s’installent dans les parties communes de certains immeubles pour y mener leurs transactions. De la même manière, les clients se regroupent et consomment les produits stupéfiants en pleine rue, dans les halls d’immeubles, les parcs… sous le regard affligé des riverains. Cette situation est un aveu d’échec.

Pour faire face à cette délinquance quotidienne et visible, il faut une police du quotidien, des patrouilles visibles. Il faut sécuriser ces quartiers en s’appuyant sur la mission de police de proximité de la police d’agglomération.

Pour répondre au double objectif de la prise en charge des personnes dépendantes et de la tranquillité des riverains, nous militons en faveur du déploiement d’un réseau de maisons d’accueil médicalisées (centres d’accueil et accompagnement pour usagers de drogues, centres de soin et d’accompagnement) autour desquelles la police assumera en priorité une mission d’ordre public et de prévention, en collaboration avec les personnels médico-sociaux dédiés à ces missions. Le MRC est opposé au développement des « salles de shoot », car s’il est impératif de lutter contre les trafics et d’arrêter les revendeurs de stupéfiants, le traitement de la toxicomanie passe d’abord par l’accompagnement des consommateurs vers la prise en charge thérapeutique et le sevrage, mais aussi par la prévention des addictions, notamment en direction des écoles, collèges et lycées.

 

POUR UNE POLICE MODERNE

 Cette modernisation passe par l’acquisition de logiciels de rapprochement d’affaires, par une augmentation des moyens de la police scientifique, mais aussi par une mise à niveau du système de gestion des appels d’urgence ou par le développement d’outils permettant d’établir une cartographie des crimes et des délits. Il convient aussi d’accompagner plus largement le déploiement de systèmes innovants tels que la pré-plainte en ligne, qui permet aux administrés de s’adresser à leur police plus rapidement et de désengorger les services d’accueil des commissariats.

Par ailleurs, nous devons constater que nombre de commissariats et de postes de police sont en mauvais état. De même, la politique actuelle de concentration des forces de l’ordre (disparition du commissariat du 6ème arrt, mutualisation des 13ème et 5ème arrts) participe de l’éloignement entre le citoyen et sa police.

Le MRC propose donc que soit adopté un plan d’entretien et de rénovation des locaux, notamment dans les quartiers populaires, dans le cadre d’un accord Ville-Préfecture de police pour le financement de partenariats public-privés. Ce plan, qu’accompagnerait une phase de redéploiement des effectifs de police dans les postes de police, donnera un nouveau souffle à une police de quartier créatrice de lien social, permettra de garantir aux policiers des conditions de travail satisfaisantes et de rendre les commissariats plus agréables pour les usagers tout en mettant aux normes les espaces d’incarcération provisoire.

La vidéoprotection a fait la preuve de son efficacité : l’exploitation en temps réel des films par les opérateurs des services locaux de transmission permet la surveillance des secteurs sensibles. Ce dispositif autorise des réactions plus rapides et plus efficaces des services de sécurité de l’agglomération parisienne et de résoudre plus d’affaires de violence, de vol et de vente à la sauvette pratiqués sur la voie publique. Enfin, la vidéo constitue une preuve et permet à la police et à la justice (réquisitions judiciaires) de répondre plus rapidement aux victimes.

Tout en restant vigilants sur l’usage des enregistrements et le respect de la vie privée, nous proposons de continuer à soutenir la montée en puissance de ces dispositifs en poursuivant l’installation de la vidéo-protection dans Paris.

Près de 5 000 interpellations ont été réalisées depuis le déploiement du « plan de vidéoprotection pour Paris » (PVPP). 1052 caméras sont actuellement en activité dans la capitale. Un audit devra être réalisé pour vérifier tout à la fois la pertinence des implantations, déterminer les zones restant à couvrir et accompagner la montée en puissance des ZSP.

 Une réponse technologique ne peut remplacer une approche humaine, créatrice de lien et de solidarité. C’est pourquoi nous proposons que la municipalité impose (après une phase de transition de 5 ans durant laquelle le dispositif serait incitatif et subventionné) le « gardien d’îlot » à tous les syndics d’un même îlot d’immeubles. Ces derniers devront s’entendre pour employer au moins un gardien, connu des services de police, qui serait une interface entre les habitants et leur police. Référent pour toute question intéressant la sécurité, le « gardien d’îlot » ferait remonter les observations des résidents et les éventuels problèmes qu’il aurait constatés. L’objectif final est de permettre une reconquête de l’espace public.

 

DES MOYENS POUR LA SECURITE

  • Pour une meilleure traçabilité de la participation de la ville de Paris au fonctionnement et aux investissements de la préfecture de police

Le financement des missions de la préfecture de police relève pour une large part du budget spécial voté par le Conseil de Paris. Or, depuis quelques années, la Préfecture de police dispose de moyens financiers croissants de la part de la capitale (272 millions d’euros en 2012 ; 308 millions d’euros en 2013), ce qui autorise la municipalité  à être exigeante quant aux services rendus.

 Cette situation a été déplorée dans le dernier rapport de la Chambre régionale des comptes d’Ile de France. Les Parisiens ont le droit de savoir de quelle manière sont gérées ces ressources supplémentaires qu’ils consacrent à leur sécurité. Le préfet de Paris répond de sa gestion, notamment de l’usage fait du « budget spécial », devant le Conseil de Paris. Les élus MRC qui siègeront dans cette  instance resteront attentifs quant à l’usage qui est fait des deniers municipaux, au rôle des Agents de surveillance de Paris (ASP), notamment en matière de lutte contre les incivilités. Ils veilleront à la poursuite de l’effort engagé pour la modernisation de la Brigade de Sapeurs-pompiers de Paris.

  • Pour une meilleure gestion des moyens alloués

Certaines des charges qui sont actuellement supportées par la Ville de Paris relèvent du champ de compétence de l’Etat. Ainsi en est-il de la délivrance des titres qui coûte chaque année 38 millions d’euros à la capitale quand bien même cette mission relève du niveau régalien et devrait donc à ce titre être assumée par l’Etat.

 Le MRC propose de réaffecter ces montants pour financer son programme de modernisation et le recrutement d’agents supplémentaires par abondement de la masse salariale de la Préfecture de police. Allégeant les charges de la Préfecture de police, la ressource libérée permettra des investissements nouveaux.

Notre ville dispose de moyens et de leviers budgétaires qui lui permettraient d’envisager un engagement plus conséquent, dans le cadre d’un contrat Etat-Ville rénové aux termes duquel la municipalité lierait plus étroitement la hausse du budget spécial de la Préfecture de police à la modernisation des services et des locaux.

 

POUR UNE COHERENCE DE L’ACTION

 Si la police et le service d’incendie relèvent de l’Etat et de la Préfecture de Police, l’action de la Ville et du Département en ce domaine recouvre un champ très large : équipes de prévention de la délinquance, soutien au Groupement interbailleurs de surveillance affecté au travail de prévention et de sécurité dans les ensembles de logements sociaux, agents municipaux d’accueil et de sécurité, correspondants de nuit…

Loin d’organiser la rivalité entre la Ville et la Préfecture, les élus MRC mettront l’accent sur la cohérence qui doit présider à l’action. La prévention doit à l’évidence constituer la priorité de l’action municipale et départementale. Mais elle ne s’oppose en rien à la répression des incivilités, des délits et des crimes qui relève de la police et de la justice. Ce travail en commun traduira le service du bien public et des Parisiens qui constitue la raison d’être de toute politique républicaine.

 

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